Le ministre des affaires étrangères costaricain a sollicité l’Organisation des Etats Américains (OEA) à demander au Nicaragua de retirer ses troupes de la région frontalière avec le Costa Rica. Il s’est exprimé dans sa déclaration faite lors de la 27ème réunion consultative des chefs de diplomatie de l’OEA, tenue à San José, la capitale costaricaine :« Ni le Costa Rica ni tout autre pays souverain ne peut autoriser ces actes. Pour cette raison, mon pays, qui n’a pas d’armée, demande au système interaméricain de protéger notre souveraineté qui a été violée par le Nicaragua.
Le conflit frontalier opposant les deux pays respectifs, le Costa Rica et le Nicaragua se rapporte sur les accusations réciproques des violations du territoire national. Un différend presque centenaire les oppose sur les îles Calero situées sur le fleuve frontalier San Juan et sur le sujet de la navigation sur ce fleuve.
M.Castro, le ministre costaricain a mis en doute la compétence de l’Organisation des Etats Américains à résoudre de tels litiges ainsi qu’à défendre les droits de ses Etats membres. Selon lui, cette organisation incite les pays qui n’ont pas d’armée à s’armer pour pouvoir se défendre. Il continue sa déclaration « Nous avons un pays sans armée qui a été attaqué, offensé et qui a fait des concessions, a respecté les recommandations du Conseil permanent, et un autre pays qui a initié une attaque avec sa force armée et qui refuse de respecter les recommandations. »
Le Costa Rica, qui a supprimé son armée en 1948, a déployé un contingent de policiers lourdement armés.
Dans ce contexte, l’OEA, a approuvé une résolution appuyée par 22 pays demandant le retrait des forces nicaraguayennes de la zone à discorde et incitant les deux pays à reprendre les pourparlers sur la question.
Toutefois, le président du Nicaragua, Daniel Ortega, a menacé de retirer son gouvernement de l’OEA en déclarant « On a été témoins de l’échec de l’OEA. Je me questionne sur le sens d’y participer, et l’on doit considérer sérieusement notre retrait. » Selon le président Daniel Ortega, « la présence des militaires nicaraguayens dans la région du fleuve San Juan est destinée à la lutte contre le trafic de drogue. Des pays envahis par le narcotrafic tel que le Mexique, la Colombie et le Guatemala ont fait front commun avec le Costa Rica à l’OEA en raison des menaces que ces gouvernements auraient reçues de la plupart des Cartels de la drogue. Les narcotrafiquants seraient les seuls bénéficiaires de l’exigence costaricaine pour que le Nicaragua cesse ses opérations militaires. »





